L'ère Meiji et la naissance du Reiki
L'ère Meiji (1868–1912) marque une rupture radicale dans l'histoire japonaise. Après deux siècles d'isolement, le Japon s'ouvre brutalement à l'Occident, modernise ses institutions, abandonne le système féodal. Une civilisation entière se recompose en quelques décennies.
C'est dans ce bouleversement que naît la poésie Meiji. Les poètes de cette période cherchent un équilibre entre deux mondes — la tradition waka héritée des siècles, et les formes nouvelles venues d'Europe. Leurs textes portent cette tension : quelque chose d'ancien qui résiste, quelque chose de neuf qui cherche sa forme.
Mikao Usui naît en 1865, trois ans avant le début de l'ère Meiji. Il grandit, se forme et élabore sa pratique dans ce même contexte de transformation profonde. Le Reiki émerge de cette époque — non malgré le bouleversement, mais à travers lui. Usui appartient à une génération qui dut réinventer le rapport à la tradition, à la spiritualité, au corps, au soin.
Le Hikkei — le manuel de poche qu'Usui remettait à ses élèves — contient, au-delà des principes et des instructions, ces 125 poèmes de l'Empereur Meiji. Ce choix n'est pas ornemental. Usui les considérait comme une pratique à part entière : les réciter, les méditer, les laisser résonner — c'était cultiver l'état intérieur que le Reiki cherche à ouvrir.
Ces poèmes sont des contemporains d'Usui. Ils respirent le même air — et il faut peut-être accepter leur côté désuet pour les laisser résonner. Ce qu'ils portent n'a pas vieilli. La forme, si, mais, c'est toucher quelque chose qu'Usui a voulu transmettre.
Les 125 waka
Traduction française · Tadao Yamaguchi ·
La Quintessence du Reiki
Car tant de gens
Ont quitté ce monde
Mais la lune dans
La nuit automnale
Reste toujours la même.
かわりはてぬは
秋の夜の
月のみかげの
かわらざりけり
Tel est le grand Ciel
Moi aussi j'aimerais avoir
Un tel esprit (kokoro).
Fermiers souffrants
Dans les rizières
Je ne peux affirmer qu'il fait chaud
Même si cela est vrai.
Pour donner cette couleur parfaite
Aux feuilles d'érable
Mais elles sont balayées
Par un simple coup de vent.
Observant comment le rocher a été
Creusé par la pluie
Ne t'accroche pas à l'illusion
Que rien ne change.
De me mettre en colère contre les Cieux
Ou de blâmer
Les autres (pour mes peines)
Si je vois mes propres fautes.
Dans ce monde
Ne t'en inquiète
Pas trop.
Pouvoir se montrer
L'un l'autre nos erreurs
Tel est le véritable sanctuaire
De l'amitié.
L'esprit de l'Homme
Demeure aussi immobile
Que le pin
Enraciné dans le rocher.
L'autre moment calme
La vague dans l'océan
Est en fait
Semblable à notre existence.
D'un milieu aisé
Et sans problèmes personnels
Vos obligations humaines
Sont facilement oubliées.
Le vent fasse trembler la maison
Mais on surmonte les ennuis
Si les branches (les enfants) de
L'arbre (la famille)
Poussent harmonieusement.
L'esprit (kokoro) demeure
Mon vœu est que
Quoiqu'il arrive
Dans toute situation
Sans limites (libre).
Un grand nombre de médicaments
Il vaut mieux prendre soin
De votre (propre) corps.
Les moustiques et leur bruit
Me donnent à penser :
Dans quel champ
Les soldats devront-ils passer la nuit.
Étudient beaucoup
Et respectent (toutes) les personnes vertueuses
Comme (vous respectez) vos professeurs.
Que vous offrent les fleurs
S'épanouissant sur l'eau
Est leur flottement sur le lac
Après être tombées
Leur beauté se laisse admirer.
Le reflet de la lune
L'humilité de la luciole
Derrière la tige du roseau
Se cache.
Sans la moindre imperfection
Peut perdre de sa brillance
Assombrie par un nuage de poussière
Si tu ne prends pas soin d'elle.
Ne vous mesurez pas aux autres
Faites un pas
À la place
L'un après l'autre.
Dans un monde (très) agité
Et tant de choses à faire
Ce que tu peux faire cependant
Est limité.
N'oublie pas
De prendre soin
De tes propres parents.
Ne semble pas aussi prometteuse
Tu pourrais y trouver (en son sein)
La plante soignante
Si tu la regardes bien.
Que le but est enfin atteint
Mais, apprenez :
L'apprentissage est sans fin.
Toutes les graines sont les mêmes
Mais (maintenant), elles fleurissent
En étant toutes différentes.
Accroît le bruit de la cascade
Vous ne pouvez entendre
Le bruit de l'eau qui dévale
Ou tout autre bruit.
Pour s'adapter à des récipients différents
Mais elle a en plus
Le pouvoir de percer la roche.
Creuse son chemin souterrain
Et toutes les racines
Le pouvoir de percer la roche.
Qui sortit pour m'accueillir
Se tient maintenant
Seul, sur ses jambes.
Les arbres recouverts de boue
Je me souviens
Que certainement
Des êtres vivent dans l'obscurité.
Arrive (pour me saluer)
Sans attendre que la neige s'arrête :
Je t'en prie
Viens près du feu.
Dessiné soit magnifique ou non
Une lettre
Devrait être facile à lire.
Même si
Vous grandissez toujours
Vos parents pensent
À l'enfant que vous êtes chez eux.
Laissent leurs aînés à la maison
Quel courage
Et dévouement
Pour leur pays !
Dans le grand ciel
N'oublieront pas
Leur patrie
Vers laquelle ils reviendront.
Regarder la façon dont
Les enfants apprennent
Plus tu t'exerces
Plus tu obtiens de meilleurs résultats.
Regroupées sur le campus
Ont l'air aussi fraîches
Que des œillets superbes
(parés) de gouttes de rosée.
D'un cœur humain
Sur cette Terre
Peut faire pleurer
Une divinité en colère.
D'apprécier les fleurs.
Après avoir accompli le travail
Que nous étions supposés faire
De se regarder lui-même
Et parle seulement des autres
Ainsi est la société.
La montagne semble bien haute
Mais si vous tenez bon
Et souhaitez la conquérir
Alors, s'ouvrira un chemin.
Aux autres
Seulement
Après y avoir réfléchi
Vous-même.
Devient réalité
Que cela ne te monte pas à la tête
Et surtout
Ne te laisse pas oublier de rester humble.
(et) tant de choses à faire
Ce que tu peux faire cependant
Est limité.
Sur la faible branche
D'un pin
Approche-toi
Et balaie-la.
Pour que leur pays puisse vivre
Ceux qui sont morts à la guerre
Permettez-moi de conserver leurs noms.
Les gens viennent (me voir)
Laissez-moi brancher
Pour eux
Le ventilateur.
Dans sa simplicité
Quand tu rencontres
Dans ce monde
L'esprit (kokoro).
Même quand la difficulté persiste
Tout accomplissement
Est possible
Dans ce monde.
Qui est le pilier
De la famille
Ne devrait pas (avoir besoin de)
attention
Aux petites choses,
Sans y avoir réfléchi en profondeur,
Qui pourraient s'enraciner
Dans la société.
De descendre le courant en bateau
Le monde est ainsi
Ne négligez pas
Le gouvernail.
Cette pierre précieuse
Est si merveilleuse
Il y en a (en fait) très peu
Sans défaut.
Que je pars en voyage
Je me demande si
Je ne trouble pas
la vie des (mes propres) gens
Vous vous battez contre l'ennemi
Mais n'oubliez pas l'essentiel (à la maison)
Dont vous devez sérieusement
Vous occuper.
J'aimerais
Offrir un élixir d'immortalité
Au vieil homme
Que j'aimerais voir vieillir
Racontent leurs souvenirs
Toujours et encore
Mais derrière leurs paroles
Des enseignements de grande valeur
Se cachent.
Commence à se coucher
Je pleure
La journée passée
Oisif.
Des paysans
Se souciant des fruits
De leurs champs
Ne sera pas paisible.
Je suppose
Avec sincérité
Valent un bon médicament
Même pour ceux
En bonne santé.
Trouve le temps
Pour faire
Tout ce qu'il souhaite
Réellement faire.
Incarne le monde agité
Elle continue de pousser
Et pourtant vous ne cessez
De la couper.
Libre de tout souci
Le danger est plus grand
Qu'avec un ennemi
Près de vous.
Est vraiment minuscule
Les villageois pourtant
Passent les uns après les autres
Occupant l'espace avec prévenance.
Le vieil homme seul
Dans les montagnes
Veille
Sur les rizières.
Mon esprit
>Rajeuni
Tout comme le soleil
Se levant.
La surface des nattes (tatami)
Tant humides et mouillées
Je m'inquiète
Des foyers des villageois.
Sortant d'un rêve
Réveillé par le bruit de l'orage
Et je m'inquiète
Des maisons des villageois.
Semble-t-il
Ne brille pas
Tu as oublié
De la polir.
L'autre va plus doucement
Toutes
Ont une aiguille différente
Et une taille différente.
D'éviter le chemin dangereux.
Même si
Tu penses y arriver
Plus vite.
Au moment opportun
Pour avancer
Sinon vous risquez d'emprunter
Un chemin dangereux.
Dommage
Un jour nous oublions
Notre innocence
Complètement.
Dans le jardin de pousser droit
Mais déjà il est prêt
Il penche
Dans toutes les directions.
En (pleine) floraison
Semblables à des nuages
Entre des pins
Chétifs.
Les maisons de la ville
Les unes à côté des autres.
Doivent être très chaude
Par les fenêtres étroites
Le vent ne peut entrer.
Avec amour
C'est le début
De la sincérité
De l'être humain.
Et comprendra
Le cœur des parents
À son tour
En vieillissant.
Un ensemble de choses minuscules
Mais qui t'accompagnent
Pour aller (et conquérir)
Dans le vaste monde.
Le cerisier de montagne fleurit
Les fleurs exhalent leur parfum
Pendant des années et des années
Sans jamais se plaindre.
De se débarrasser de la poussière
Qui s'accumule
Même si dessous
Vous n'y trouvez rien de merveilleux.
Mon attitude d'enfant
Selon laquelle
L'apprentissage ne vaut pas
De faire des efforts
De (mes) gens
Comment ils vivent
Arrive la pluie
Arrive le soleil.
Mais, si tu empruntes le chemin
Que l'Homme devrait suivre
Aucun danger ne surviendra
Je pense
À la vitesse d'une flèche
Tu devrais travailler rapidement
Quoique tu fasses.
Avec les rames / le gouvernail
Le petit bateau pris dans les roseaux
De ses mouvements
N'est pas libre.
Vous pouvez sentir le besoin de faire une pause
Et de reprendre
Car le chemin de l'apprentissage
N'est pas (un chemin) aisé.
Sans aucune réalisation
Alors, rien ne sert
De vivre longtemps
Dans le monde.
Ne pas aller dans le sens souhaité
Mais elles se révèlent
Lorsque vous regardez en arrière
Votre (propre) vie.
Sans vent ni vague
Le capitaine du bateau
Redoublera de vigilance.
Plus lentement que les autres
Qui vont avec toi
Tu dois (encore) prendre
Le bon chemin.
Sur les œillets superbes
Ils peuvent se courber
Dans un sens imprévisible.
Choisie par beaucoup
Parmi tant de pierres
Encore, l'une ou l'autre présente un défaut
C'est la nature même de ce monde.
Lorsque les parents
Regardent leurs enfants
Ils les voient minuscules
Bien qu'ils soient adultes et indépendants.
Vos parents
N'oubliez pas
Même si vous pensez
Vivre par vous-même.
Rayonnante
Comment pourriez-vous voir
La lumière
Sans ouverture.
Sur une route large et spacieuse
Faites attention
Le monde est rempli d'obstacles.
Qui fond trébucher
Dans une œuvre extraordinaire
Dans le vaste monde
Vous devez vous préoccuper
Des détails innombrables.
Communique
Avec l'esprit humain
Pris au piège aisément
Dans l'étroitesse d'un espace.
Juste parce que vous avez vieilli
Il y a une façon (élégante)
De vivre avec la vieillesse.
Si e chef de famille
Est bien installé
Comme pilier de soutien
De la maison.
De sorte qu'il soit
Bines considéré
Je fais de mon mieux
Utilisant mes capacités
Au maximum
Dans un domaine
N'oubliez pas
Ce que vos professeurs
Vous ont enseigné.
En conséquence,
Les articles devraient porter
Sur l'essentiel
Et non sur les banalités.
Bien que la source
Soit pure et claire
L'eau devient souillée
En coulant dans un ruisseau pollué..
Elle n'est pas pressée
Pas de souci
Si la charrette est plus lourde
Que ce qu'elle peut tirer.
À l'égard de l'invisible.
Dieu
A trouvé la vérité
En son cœur.
Si les choses ne progressent pas
Facilement
Mais regardez
Votre propre paresse.
La force la plus honorable
Est la proche amitié.
Qui nous sert
À nous entraider :
Dans le jardin
J'aimerais t'aider
Avec mes bons soins
À vivre longtemps et plus longtemps.
Sur les rizières dans les montagnes
Des semailles aux moissons
Ne trouveront ni paix
Ni tranquillité.
Résistant aux chutes de neige
Patiemment
Aux tempêtes
A plus de valeur (à mes yeux).
Et débarrassons-nous du mauvais.
Faisons de ce pays
Qu'il soit aussi bon que les autres pays.
Vous êtes célèbre
Dans ce monde
Sachez rester
Un être humain modeste.
Dehors, là-bas
Ainsi l'escargot
Sort de sa maison
Pour jeter un œil.
Sur le bon chemin
Aucun danger
De ce monde
Ne vous attendra.
Développe tes compétences
Et deviens indépendant dans ce monde
Ainsi ces compétences
Constitueront ton trésor.
N'est pas calme, mais bruyant.
L'étudiant, le cœur tranquille
Ne devrait pas dévier
De la voie de l'apprentissage.
D'aller de l'avant
Avance
Sinon tu arriveras après les autres
Dans ce monde.
Un dirigeant du monde
Il se doit d'adopter
Une attitude correcte.
Conduise vers le bien et le meilleur
Il est très difficile
De diriger
Les gens de ce monde.
Et dans toutes les directions
Je pense
À tous les Hommes comme à des frères.
Quel est donc le sens de la guerre
Dans ce monde.
Un œillet superbe
Encore florissant
Déposé sur la rive
Par le courant.
Avec lequel vous aimeriez jouer
Ne négligez pas
Les choses importantes
De la vie.
Sans le savoir
Vous pourriez vous perdre
Et commettre des erreurs.
Encore et encore
Utiliser le cœur des autres
Serein et brillant
Comme un miroir.
わが心にも
くもりなく
人の心を
かがみとしつつ
© Mai 2026 Nicolas Simonin
Découvrir une séance