Il n'y a pas d'âge pour rencontrer le Reiki
Certains arrivent au Reiki très tôt, portés par une sensibilité que l'enfance n'a pas encore appris à taire. D'autres traversent des décennies entières avant que quelque chose — une fatigue, une curiosité, ce cher Hasard qui n'en est pas un — ne les amène à une première séance. Plus on commence jeune, plus la lumière arrive tôt sur le chemin de vie. Mais commencer tard n'est pas commencer trop tard. C'est commencer avec tout ce que l'on a traversé. Avec ses couches, ses cicatrices, et parfois une sagesse que la jeunesse n'aurait pas encore pu accueillir pleinement. Le moment juste.
J'ai rencontré le Reiki à cinquante ans. Rien dans mon parcours professionnel ne m'aurait laissé imaginer que je deviendrais un jour Praticien, et encore moins Maître Enseignant. J'avais construit une vie ailleurs — avec et par la lumière de spectacle et loin de me douter qu'elle rejoindrait la lumière intérieure. Et puis quelque chose a changé. Fracture brutale de la vie, prise de conscience, recul et glissement progressif vers une question que je m'étais formulée mais que je n'avais jamais révélée vraiment : Est-ce que je vis, ou est-ce que ma vie est traversée par le fait s'occuper des autres ? Où suis-je ? Puis-je m'occuper de moi, tout simplement ?
La première séance de Reiki que j'ai reçue n'a bien-évidemment pas tout résolu.
Elle a fait quelque chose de subtil et de durable : elle a créé un espace. Un espace où rien ne devait être performé, prouvé, géré. Juste recevoir.
Le premier degré — et l'impossibilité de s'arrêter là
Après les séances, l'initiation au premier degré. Je me souviens d'avoir hésité : est-ce que c'est pour moi ? Cette question, je comprends maintenant qu'elle était déjà une réponse. On ne se demande pas si quelque chose est pour soi lorsqu'on en est vraiment indifférent.
Mon premier maître Reiki n'a pas expliqué. Il a ouvert, libéré, révélé. Il y a une différence entre recevoir un enseignement et recevoir une transmission. L'un informe le mental. L'autre touche quelque chose en dedans — quelque chose qui n'avait pas besoin d'être convaincu, mais seulement rencontré.
Ce que cela m'a offert, c'est une première approche de la distinction entre le mental et ce qui n'est pas le mental. Apprendre à laisser le mental à sa juste place — ni le nier, ni s'y soumettre entièrement. Comprendre, dans le corps autant que dans la pensée, et tout simplement avec le coeur, que je ne suis pas ce que je fais. Qu'il est possible — et nécessaire — d'apprendre à être, au présent, sans justification.
Ce n'est pas la connaissance du Reiki qui transforme.
C'est la pratique du Reiki qui révèle.
Cette première approche a nourri quelque chose auquel je n'attendais pas : la sensation que le chemin ne pouvait pas s'arrêter là. Pas par "boulimie" spirituelle — non. Mais parce que chaque degré ouvrait non sur une technique supplémentaire, mais sur une intégration plus fine de ce que veut dire "niveau vibratoire" et "être canal"
Apprendre à ne plus vouloir être. Simplement : être. A Finalement ne rien faire et à laisser faire.
Un chemin vallonné — et ce que les obstacles révèlent
La pratique du Reiki n'est pas une route plane. Ce serait décoratif de la présenter ainsi. Il y a des périodes de clarté lumineuse — où tout semble fluide, où les mains semblent savoir avant que l'esprit ne comprenne. Et il y a des périodes de doute, de résistance, d'éloignement. Des moments où l'on passe des semaines sans pratiquer, où l'on se demande si l'on a perdu quelque chose.
On ne perd rien. On traverse.
Le chemin du Reiki est vallonné, ponctué d'obstacles qui pourraient sembler douloureux à première vue. Une relation qui révèle une blessure ancienne. Une initiation qui ouvre sur une période de turbulence. Un soin qui fait remonter une émotion que l'on croyait résolue. Ce sont ces moments — précisément ces moments — que la pratique apprend à transformer en expériences. Non pas en les effaçant, mais en les accueillant autrement. En les reconnaissant comme des passages, et non comme des destinations.
Les Gokai — les cinq principes de Mikao Usui — parlent de cela sans le nommer explicitement. Juste pour aujourd'hui : non pas une invitation à l'oubli, mais une invitation à ne pas transformer l'obstacle d'hier en prison de demain. Chaque matin, le chemin repart de zéro. Non pas vierge — mais libre.
Le Reiki au quotidien — pas une pratique parmi d'autres
Ce que le Reiki change dans la vie quotidienne, ce n'est pas spécialement visible immédiatement. C'est parfois plus lent, plus profond, et souvent plus surprenant que ce que l'on attendait.
Cela commence par de petites choses. Une façon différente de réagir à l'irritation — ou plutôt, de remarquer l'irritation avant d'y réagir. Un espace qui s'ouvre entre le stimulus et la réponse. Un rapport au temps qui change : moins d'urgence permanente, moins de pression invisible. Non parce que la vie est devenue plus simple, mais parce que l'on apprend à ne pas en rajouter. On apprend à faire le ménage des relations qui ne sont plus nécessaires, on est surpris que ceux qu'on croyait être des "amis" quittent notre chemin sans aucune peine...
Cela continue par quelque chose de plus radical : une remise en question douce de ce que l'on appelle « soi ». Le Reiki, dans sa pratique régulière, effiloche les certitudes inutiles. Pas les valeurs — les rigidités. Il y a une différence. On peut rester profondément soi-même et devenir beaucoup plus souple, intègre. Ce n'est pas une contradiction. C'est une maturité.
- Juste pour aujourd'hui, je ne me laisse pas gouverner par la colère.
- Juste pour aujourd'hui, je ne cède pas à l'inquiétude.
- Juste pour aujourd'hui, je reconnais avec gratitude ce qui est là.
- Juste pour aujourd'hui, je travaille avec sincérité.
- Juste pour aujourd'hui, je suis bienveillant envers tout être vivant.
Ces cinq principes ne sont pas des objectifs à atteindre une fois pour toutes. Ce sont des rappels. Des retours. Un fil que l'on retrouve chaque matin, quel que soit l'état dans lequel on se réveille. C'est cela, le Reiki au quotidien : non pas une discipline supplémentaire dans une vie déjà chargée, mais un axe intérieur qui rend toutes les autres choses un peu plus légères à porter.
Le Reiki ne demande pas de croire en quoi que ce soit. Il demande seulement d'essayer. De poser les mains. D'être là. Et de voir — lentement, sans forcer — ce qui change.
Si vous souhaitez découvrir le Reiki ou approfondir votre pratique, je vous accueille en séance individuelle ou en formation au Domaine du Bourgis, en Normandie. Le chemin commence où vous êtes.
© Avril 2026 Nicolas Simonin
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